Jeux de Confiance – Chap 14

Jeux de Confiance V2 Fb

Dimanche 10 décembre 2017

Tony

Je l’attendais dans la voiture tandis qu’elle arrivait. Il était très tôt et le réveil avait été difficile. En montant dans la voiture, elle semblait encore un peu endormie mais elle ne me questionna pas sur notre destination. Elle avait simplement l’air en confiance. Arrivés dans l’immense parking, une heure et demie plus tard, son sourire s’étendit et elle m’enlaça nous faisant dangereusement dévier de notre trajectoire.

— Nous allons passer la journée dans ce parc d’attractions ?

— Oui, je vois que l’idée de plaît !

— Tu n’imagines même pas ! Mon père pense que « c’est pour les enfants sans cervelle » dit-elle d’une voix bourrue, imitant son père qui me semblait de plus en plus désagréable.

— Je ne suis pas d’accord, c’est pour les gamins ET les adultes. Avec les potes on vient souvent y s’y éclater.

Elle était folle de joie et je me demandais si elle n’allait pas sortir de l’habitacle pour courir à côté de la voiture, tant elle trépignait d’impatience. Une fois arrivés dans le parc, mon cœur sauta de joie en la voyant s’émerveiller. Son visage était d’une douceur angélique, son regard avait la pureté même.

Elle ne savait plus où donner de la tête et cela la rendait encore plus mignonne. Elle me fit courir partout afin de profiter du plus de manège possible. Après une gaufre, une barbe à papa et deux boites de bonbons, j’étais gavé de sucre.

Cette journée passa à une vitesse folle et j’en savourais chaque miette. Lou rendait ce moment plus heureux, plus beau et plus étincelant. À travers ses yeux je pouvais regarder le monde différemment. J’étais heureux et j’avais envie de le crier au monde entier.

Comme je ne le pouvais pas, je n’arrêtais pas de l’embrasser, de la toucher, de lui dire combien elle était belle. Je ne m’étais jamais vu comme ça, un vrai adolescent. Si mes potes me voyaient ! Vers vingt-deux heures, nous étions de nouveau devant son immeuble. J’avais envie de monter mais je ne lui proposai pas, espérant qu’elle le ferait. Au lieu de ça, elle me remercia pour ce weekend et m‘embrassa longuement. J’en profitais pour graver dans ma mémoire le plus de détails possibles de cet instant. Elle sortit et entra dans l’immeuble en me faisant son signe habituel de la main.

Jeudi 14 décembre 2017

Louise

Installée devant mon ordinateur, je terminais mes traductions pour la semaine. Recevant un message de Tony, je laissais mon esprit s’évader avec lui. Ce weekend avait été magique, surtout le dimanche au parc. J’étais encore plus inspirée que jamais pour mon roman.

Vivant les émotions dans le monde réel, je trouvais facilement les mots pour décrire l’état d’esprit de mes personnages. Tony avait quelque chose de spécial. Malgré la nuit que nous avions passée ensemble vendredi, je ne m’étais pas crue capable de le laisser de nouveau dormir chez moi.

Je voyais qu’il en mourrait d’envie, mais j’avais bien trop peur. Chaque fois que je voulais lui demander de me suivre chez moi, les mots restés bloqués dans ma gorge. Un vertige me prenait, à m’en faire perdre les pédales et une sueur froide tapissait mon dos. Sans doute était-ce parce que je savais au fond de moi que je ne voudrais pas repousser ses mains baladeuses.

Ne sachant pas comment gérer notre relation, je laissais Tony prendre les initiatives, mais surtout, je l’obligeais à s’adapter et à patienter. Je m’en voulais de le laisser sans réponse pourtant je ne pouvais pas me résoudre à lui confier mes tourments.

Nous avions rendez-vous ce soir pour notre deuxième entrainement dans mon ancien lycée. J’étais contente de cette activité car je savais que ses conseils allaient payer. Il me disait que j’avais une très bonne base musculaire, même si à première vue je restais plutôt menue. Mes jambes étaient mon point fort et je pourrais m’en servir en cas d’agression. Nous devions justement travailler ce point en faisant de l’athlétisme dans les mois à venir. Ce qui signifiait qu’il se projetait avec moi. Je n’en étais pas encore là, c’était bien trop tôt.

L’heure venue, je descendis de mon appartement et le retrouvai dans sa camionnette. L’entrainement se passa très bien, même si ses gestes et la proximité de nos deux corps me mettait dans tous mes états. En arrivant devant mon immeuble, je l’embrassais et rentrais chez moi, seule.

Vendredi 22 décembre 2017

Tony

Nous passions nos weekends ensemble, je l’appelais presque tous les jours de la semaine et j’étais son coach en musculation et en self défense. Mais surtout, j’étais son petit ami. Rien que cette pensée me réchauffait le cœur. Pourtant, j’avais la sensation que les choses avaient dû mal à avancer. J’avais eu l’impression que notre nuit ensemble chez elle s’était bien passée mais elle ne m’avait plus jamais invité à dormir chez elle. De l’avoir ainsi près de moi sans pouvoir passer à l’étape suivante me rendait fou. Mais cette folie me faisait tenir. Je voulais construire quelque chose de plus fort avec elle.

J’avais tenté à plusieurs reprises de l’inviter à rester chez moi ou bien de monter avec elle, mais elle refusait toujours. J’avoue que je n’ai pas souvent essayé. Je ne voulais pas la braquer. C’était le seul point noir de notre relation.

Chacun des moments passés près d’elle me semblait parfait. Nous étions sur la même longueur d’onde et nous discutions de tout. Elle s’était même mise à jouer à certains jeux vidéo chez moi. Dans ces moments-là, j’avais même dû mal à attirer son attention tellement elle s’amusait. Je la câlinais, l’embrassait passionnément, mais c’est toujours elle qui coupait court aux baisers. Elle repoussait doucement mon bras lorsque je m’aventurais trop loin. Je lui avais promis d’être patient, de la respecter si elle avait besoin de temps. Mais le temps me paraissait s’étirer sans voir aucune évolution. Bien au contraire, nous avions reculé ces derniers jours. C’est comme si je la perdais peu à peu.

Je devais avouer qu’elle était importante pour moi. Pourtant, saurais-je tenir encore longtemps comme ça ? Du jour au lendemain, j’avais coupé court à toute activité sexuelle. Je sortais toujours avec mes potes, moins souvent mais je n’avais pas fait une croix sur ma vie d’avant. Du moins, pas en totalité.

Ce que je remarquais, c’est que les filles ne m’attiraient plus. Je réalisais que parfois, j’enviais mes amis qui ramenaient une fille chez eux. Je n’en étais plus capable car tout ce que je voulais, c’était faire l’amour à Lou. Elle m’obsédait et je savais que ce n’était pas bon. Car en me rejetant ainsi, elle faisait naître en moi un désir plus intense et plus sauvage. En ne passant pas à cette étape, je n’arrivais pas à avancer. Je devais agir sinon… J’allais devenir fou !

Dimanche 24 décembre 2017

Louise

Je passais Noël en famille, comme d’habitude. Ce soir-là, ma mère me questionna sur ce que je faisais de mes weekends. Cela ne l’avait jamais interpelé, mais elle devait s’être aperçue qu’elle me voyait beaucoup moins souvent à la bibliothèque et que je réduisais considérablement mes visites chez eux.

Afin de couper court aux regards inquiets, j’annonçais que j’étais en pleine écriture d’un roman. J’ignorais l’air de dédain de mon père et échangeai un sourire avec ma tante. Il n’était pas question d’expliquer devant mon père de quel type d’histoire il s’agissait. Alors je proposais à ma mère de lire le dernier manuscrit avant de l’envoyer à la maison d’édition pour laquelle je travaillais. Son visage s’éclaira et elle tourna la tête vers mon père, visiblement inquiète de sa réaction. Celui-ci avait de nouveau les yeux rivés sur l’écran de télévision. Il ne s’intéressait plus du tout à nous. Ma mère devait se douter de quel style de roman il s’agissait et j’espérais qu’après l’avoir lu, elle m’avouerait enfin ce qu’elle en pensait au fond.

Tony était resté avec son père et son frère pour les fêtes. Notre relation était des plus agréables. Le sentir près de moi me procurait le plus grand bien. Mon inspiration était décuplée. Nous allions souvent nous balader et il me laisser écrire mes notes en silence. Il écoutait parfois de la musique dans un casque, allongé à côté de moi tandis que j’écrivais mes impressions du jour. Il m’emmenait au cinéma, supportait mes comédies-dramatiques et je commençais à apprécier ses films de science-fiction. Nous nous entrainions toujours les jeudis soir dans la petite salle de musculation. Le mardi, j’y allais seule car il préférait se rendre dans son propre gymnase, avec lequel il avait un abonnement. Bref, tout roulait. Enfin, je l’espérais, car il était de plus en plus demandeur.

Il avait toujours été très câlin, mais il semblait un peu moins bien supporter que je le repousse. À la suite de notre nuit ensemble, j’avais cru que je pourrais aller plus loin. Mais chaque fois, j’étais davantage perdue. Plus le temps passait, plus l’angoisse m’envahissait.

Cependant, j’étais attachée à lui et à ce que nous partagions. Ses baisers me faisaient tourner la tête et son corps parfait me mettait dans tous mes états. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de le repousser. J’avais besoin de temps. Encore un peu.

Mardi 26 décembre 2017

Aujourd’hui, j’allais faire la connaissance d’Arthur. J’étais contente car Tony m’en parlait souvent. Je le savais de deux ans plus jeune que moi. Tony arriva dans sa Ferrari accompagné de son petit frère. Ils sortirent tous les deux et avancèrent vers moi tandis que je sortais de mon immeuble.

— Bonjour ma douce, me salua Tony en m’embrassant. Je te présente Arthur. Arthur, voici Lou.

— Enchanté Lou, très heureux de te rencontrer… enfin !

— Moi de même, ton frère m’a souvent parlé de toi.

Tony m’avait caché qu’Arthur était un très joli garçon. Pour ne pas dire super séduisant ! Il était plus petit et moins musclé que son aîné, blond foncé aux yeux clairs lui aussi. Sa mâchoire était large et sa voix plus aiguë. Nous passâmes la journée chez Tony, à discuter et à jouer à la console. Je m’y étais mise et avec son frère c’était d’autant plus amusant. Je m’entendis très bien avec lui. Il était en fac d’histoire et était passionné par ses cours. Nous parlâmes un moment de nos lectures et je devinais régulièrement le regard de Tony se poser sur moi.

— Je ne reconnais plus mon frangin depuis quelque temps, me confia-t-il alors que Tony était sorti chercher des pizzas. Je te jure Lou, avec toi il est différent. Enfin, surtout quand il te regarde.

— Je ne sais pas. Enfin si, je sais qu’il a changé ses habitudes pour moi.

— J’te l’fais pas dire ! Tu le rends plus heureux tu sais.

J’avais embrayé sur un autre sujet, ne voulant pas poursuivre cette discussion gênante plus longtemps. Le feeling était bien passé et je fus triste de les quitter le soir venu. Comme je profitais de quelques jours de vacances pour délaisser mon travail d’écriture, nous passâmes la semaine tous les trois ensemble.

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