Jeux de Confiance – Chap 13

Jeux de Confiance V2 Fb

Louise

— Bonjour tata !

— Bonjour ma chérie, comment vas-tu ?

— Bien, si tu savais, j’ai des tas de choses à te raconter ! Et toi ? Que penses-tu de mon manuscrit ?

Je suivis ma tante dans le salon avec un thé bien chaud et quelques cookies. Tante Loyle ne travaillait pas le vendredi et j’aimais passer quelques heures avec elle. J’étais contente de savoir que j’allais enfin me confier à elle.

Elle me montra ses notes et me décrivit avec détails ce qu’elle avait pensé de mes premières pages. Elle avait dévoré mon manuscrit et s’était attelée à le lire une seconde fois en prenant soin de vérifier chaque phrase et chaque fait.

Étant professeur de français au lycée, elle était la mieux placée pour m’aider. Ses conseils m’avaient toujours aidé dans l’écriture et elle le serait d’autant plus avec ce roman. Ses remarques étaient pertinentes et son œil expérimenté, mais nouveau sur l’histoire, lui avait permis de remarquer quelques détails à réajuster. Je notais ses conseils dans le bloc que j’avais toujours sur moi.

Après avoir fait le tour de ses observations, elle me servit un second thé et me regarda attentivement. Je bus plusieurs gorgées et mangeais un gâteau avant de me lancer. J’évitais certains détails trop personnels sur l’effet que Tony pouvait avoir sur moi, en particulier sur mon corps. Mais je lui racontais tout le reste. Elle sirotait le contenu de sa tasse en hochant la tête. Un sourire se dessina lorsque je lui parlais du restaurant et elle sembla contente.

— Ça a l’air d’être un type bien ma biche. Tu as eu raison de le laisser t’emmener passer la journée avec lui. Tu l’as revu depuis ?

— Oui, il m’a donné un cours de self-défense hier ! Et il ne cesse de m’envoyer des messages, il m’appelle tous les soirs et… enfin, c’est agréable je dois dire.

Je vis son sourcil droit se lever si haut qu’il alla effleurer une de ses mèches de cheveux.

— Quoi ?

— Rien, rien ma chérie. Je trouve ça très bien. Ça faisait longtemps que tu avais besoin de ça. Cet homme a l’air de te plaire… Je me trompe ?

— Euh… Je ne sais pas… Il plaît à toutes les femmes !

— Mais il ne passe pas un weekend complet avec toutes les femmes. Il ne les appelle pas et ne leur envoi pas des messages non plus j’imagine.

— Je ne sais pas, ce n’est pas son genre en effet. JE ne suis pas son genre. C’est un homme qui a onnu tant de femmes… Que voudrait-il de moi ? dis-je d’un ton triste.

— Justement, j’imagine que ta pureté lui plaît. Tu es spéciale pour lui.

— Je verrais bien ça.

— Écoute Louise, je sais que tu veux te préserver et tu as raison. Mais ne laisse pas ces barrières t’empêcher de vivre. Tu as pris le temps qu’il te fallait pour te remettre, maintenant que tu as la chance de vivre cette belle expérience, profites-en. Ne te pose pas trop de questions, vis et protège-toi… je veux dire… enfin, tu vois quoi… Il a beau l’air charmant, tu ne dois pas oublier de mettre un certain… latex entre toi et lui.

— Tata ! râlais-je.

— Enfin, je dis juste ça comme ça, répliqua-t-elle en rougissant.

— Ne t’en fait pas. Je ne compte pas aller jusque-là avec lui. Et si jamais ça se produit, je me protègerais, sur les deux plans ! Comme ça, aucun risque !

Nous passâmes l’après-midi à nous détendre en écoutant de la musique et en bavardant. Tante Loyle était ma meilleure amie, je l’aimais plus que tout.

En rentrant chez moi, je rectifiais la suite de mon manuscrit et lançais l’impression pour ma tante. J’avais envie de voir Tony. Nous nous étions envoyé quelques messages mais sa présence me manquait. En fin d’après-midi, il m’appela.

— Bonjour ma belle, tu as passé une bonne journée avec ta tante ?

— Oui, très bonne. Et toi ?

— Normale, j’ai surtout pensé à toi.

Je ne pus m‘empêcher de sourire mais ne répondis pas.

— J’aimerais te voir… ce soir, me dit-il.

— Moi aussi. Tu veux… passer chez moi ?

Il était si content que je ne pus m’empêcher de sourire. Après avoir raccroché, je me précipitais sous la douche. Je lui avais proposé de venir ici sans même y avoir réfléchis. Le fait d’avoir parlé de lui à ma tante m’a fait prendre conscience que j’avais envie de le voir plus souvent. Elle avait réussi à me mettre dans un tout autre état d’esprit. J’espérais seulement ne pas le regretter !

Il n’allait pas tarder et j’avais une tonne de choses à faire. Une fois lavée, j’enfilais une de mes tenues habituelles de gris et de motifs légèrement colorés. Je laissai mes cheveux sécher, les boucles se formant toutes seules. Un peu de mon parfum préféré et j’allais organiser mon salon et refaire mon lit. Juste au cas où, même s’il ne se passerait rien ce soir !

J’étais en train de regarder ce que nous pourrions manger lorsqu’il arriva. Je dus patienter quelques minutes avant qu’il n’atteigne mon couloir. J’étais tellement impatiente que je trépignais sur place. Cette fois j’étais celle qui l’avait invité, j’avais l’impression d’avoir pris les reines.

Il portait un de ses jeans moulant parfaitement sa taille et son entre-jambe. Qu’est-ce qui me prenait de loucher dessus ! Son tee-shirt noir moulait son torse musclé et sa veste en cuir lui allait à merveille. Je repensais à ce que m’avait dit ma tante le jour de ma rencontre avec Tony : « Tu hésites encore entre le Bad-boy et le doux prince charmant. » J’avais l’étrange impression d’avoir un mélange des deux en face de moi.

Il cachait visiblement quelque chose dans son dos. Je fis mine de ne pas l’avoir remarqué et fus contente de voir qu’il m’avait amené une bouteille de vin blanc. Une fois la porte fermée derrière lui, il posa la bouteille sur un petit meuble, prit mes mains. Il me regarda de haut en bas et je le laissais m’observer, me sentant belle dans ses pupilles.

— Tu es très jolie.

— Merci, murmurais-je gênée mais souriante.

J’allais m’écarter quand il me prit dans ses bras et m’embrassa. D’abord d’un doux baiser, puis il chercha ma langue et l’étreinte devint plus passionnée. Il caressa ma nuque, mon dos et le haut de mes fesses. La chaleur m’envahit et je lui rendis ses baisers. C’était si bon !

Il me relâcha et continua de me contempler, caressant doucement mon visage en repoussant des mèches de cheveux qui passait devant mes yeux. Ses gestes étaient si doux, son regard si affectueux que je me sentais belle et désirée. Je ne croyais pas avoir déjà ressenti tout cela auparavant.

Je lui fis visiter mon appartement. J’indiquais la porte de ma chambre sans l’ouvrir, ainsi il ne risquait pas de se faire de fausses idées. Il ouvrit la bouteille et nous bûmes nos verres en silence. Parler avec Tony avait toujours été facile, il était très à l’écoute et j’avais la sensation de pouvoir être moi-même avec lui. De la même manière, nous pouvions savourer un moment en silence sans gêne.

Après le deuxième verre, mes joues étaient roses sous l’effet de l’alcool. J’étais redevenue la pipelette que j’étais en sa présence. Il se leva de son fauteuil et posa son verre vide sur le bar. Il vint se poster derrière moi et se pencha de sorte à caresser ma nuque de ses lèvres. Sa main avait repoussé mes boucles sur les côtés et il descendait tout doucement les doigts vers ma poitrine tout en embrassant et léchant légèrement la peau de mon cou.

Tout mon corps frémit à son contact. Ces deux ans d’abstinence et le peu d’expérience que j’avais avaient des conséquences sur tout mon corps qui réagissait à l’extrême à chacun de ses gestes. Je ne voulais plus le repousser mais je savais que le rythme élevé de mon cœur n’était pas seulement dû au désir qu’il provoquait en moi.

J’étais extrêmement stressée. J’avais peur d’aller trop loin et de souffrir. Je suffoquais à l’idée que tout recommence. Il dû sentir le changement car il stoppa ses caresses et vint s’agenouiller devant moi. Mes jambes étaient recroquevillées sous moi et il prit mes mains entre les siennes. Après y avoir déposé quelques baisers, il me regarda. Ses yeux clairs semblaient me transpercer. J’avais l’impression qu’il pouvait lire en moi.

— Parle-moi ma puce.

C’était la première fois qu’il m’appelait comme ça. Je percevais l’angoisse s’imprégner en moi et je retirais mes mains des siennes, à moitié à contre cœur.

— Je vois bien que ça ne va pas. Tu es là, avec moi… et tout à coup, tu sembles te perdre dans tes pensées. Je te sens triste et apeurée.

— Pourquoi ça ? Je vais bien.

— Dits moi… est-ce que je vais trop vite ? Je suis bien avec toi et oui, je te désire. Est-ce mal ?

— Non, bien sûr que non… je…

J’avais du mal à parler. Les mots refusaient de sortir même si j’avais de plus en plus confiance en lui.

— Que s’est-il passé pour que tu aies si peur ?

— Rien. Il n’y a rien à savoir.

— Je ne te crois pas. Laisse-moi te prendre dans mes bras Lou.

Je me laissais aller et il me souleva. Je m’accrochais à lui et il alla s’installer dans le fauteuil qu’il venait de quitter, me plaçant sur ses jambes, la tête tout contre lui.

— Je ne peux pas te protéger si je ne sais pas de quoi tu as peur. Raconte-moi Lou.

— Oui, j’ai peur, mais je ne veux pas t’en parler. Laisse-moi simplement du temps.

— Ok. Tu as tout le temps dont tu as besoin. Je saurais être patient.

Nous passâmes un moment ainsi. J’étais heureuse dans ses bras. Le fond musical que laissait sortir mon petit appareil me rassurait. Les bras et les douces caresses de cet homme finirent de m’apaiser. Un peu plus tard, nous préparâmes le dîner et le dégustâmes dans une atmosphère plus légère.

Je ne voulais pas qu’il s’en aille. Je ne voulais pas dormir seule ce soir. Alors, lorsqu’il m’indiqua qu’il allait rentrer chez lui, je le regardais droit dans les yeux. J’espérais qu’il comprendrait car je n’arrivais pas à formuler ma demande.

— Tu ne veux pas que je parte ?

—Je… j’aimerais que tu restes cette nuit… mais…

Il s’approcha de moi et me pris dans ses bras, m’emmenant directement dans ma chambre. J’eus peur qu’il ait mal interprété mes besoins. Une fois la porte refermée, il m’embrassa et alla s’allonger dans mon lit, tout habillé. Je rigolais de le voir ainsi, un air mignon fixé à son visage de tombeur.

— Tu peux te mettre à l’aise quand même.

— Tu es sûr ?

— Oui, enfin, garde quand même quelque chose sur toi, me repris-je aussitôt.

Il acquiesça et je le laissais seul afin d’enfiler mon pyjama dans la salle de bain. J’étais tout à fait ridicule de me présenter devant lui dans cette tenue mais je n’avais rien de mieux. J’avais bien une jolie nuisette mais ce serait lui envoyer un faux message. Au moins, avec ça, j’étais sûr qu’il ne me dévorait pas du regard.

En entrant dans ma chambre, il était allongé et la couette couvrait une partie de son torse. Il avait gardé son tee-shirt mais je voyais ses chaussettes et son jeans sur le côté. Il me lança un regard plein de désir et je me sentis rougir. Comment pouvait-il ressentir quoi que ce soit devant mon accoutrement ? Il tapota le lit à côté de lui et je vins m’y installer. Aussitôt, il enroula ses bras autour de moi et je plaçais la tête sur son torse, une jambe sur lui. Sa chaleur m’envahit directement.

Je n’y croyais pas. Comment était-ce possible ? Tony, le mec le plus sexy et le plus gentil que je n’ai jamais rencontré, était dans mon lit à me câliner. Ce moment était de la pure tendresse. Il m’embrassait le front, me regardait dans les yeux avant de naviguer sur mon visage. Son sourire était sincère et bienveillant. C’était un moment inoubliable. Soudain, sa main descendit, parcouru mon corps, passant par ma taille, mes hanches et s’approchant de mes jambes. La peur m’envahit et je pris sa main dans la mienne. Il n’insista pas et me serra contre lui.

Tony

J’étais là, dans le lit de Lou, ses fesses chaudes tout contre moi. Malgré tout le désir que j’avais pour elle, surtout dans cette position, j’étais heureux d’en rester là. Je ne voulais pas qu’elle ait des regrets au réveil. Contre toute attente, je crois que ce fut une des meilleures nuits que je passais depuis longtemps.

Samedi 9 décembre 2017

À mon réveil, elle n’était plus dans le lit, mais j’entendais du bruit de l’autre côté de la porte. J’enfilais mon jeans et sortis, le cerveau encore un peu embrumé. Mon cœur se mit à palpiter en la voyant s’affairer en cuisine. À l’odeur, elle nous préparait quelque chose à base d’œuf et de bacon. Mmmm. Mais surtout, elle portait une jolie robe, grise bien sûr, mais n’avait pas de collants. Je pouvais voir ses jambes fines aux cuisses galbées. Ses seins étaient mis en valeur par le décolleté arrondi et son épaisse chevelure était retenue par un crayon.

— Tu es sublime.

— Oh, je t’ai réveillé, s’exclama-t-elle en avançant vers moi avec un sourire désolé.

— Non, mais tu n’étais plus là quand j’ai ouvert les yeux.

Je la pris dans mes bras et l’embrassais. Après déjeuner, elle alla finir de s’habiller et revint avec ses collants et un gros gilet, cachant les parties de son corps restées nues jusque-là. Nous avions prévu de passer la journée à flâner, mais avant elle voulait amener la suite de son manuscrit à sa tante. Je la déposerais et attendrais dans la voiture, comme elle me l’avait demandé. Même si je mourais d’envie de rencontrer cette dame si importante dans la vie de Lou.

Une fois devant la maison en pierres joliment décorée par de nombreux arbustes et plantes grimpantes, je laissais Lou descendre et attendais sagement derrière le volant. À peine était-elle entrée que la porte se rouvrit. C’était du rapide ! Mais ce n’était pas Lou. Elle était derrière sa tante, le regard paniqué. J’observais un instant l’élégante quinquagénaire au regard malicieux et curieux. Elle avança d’un pas dynamique et se retint la jambe comme si elle souffrait. Elle me fit signe de venir, l’air très insistant. Lou me faisait de grands signes contradictoires mais je les ignorais. Après tout, je n’allais pas avoir l’impolitesse de ne pas répondre à l’invitation d’une dame. C’était un manque de respect. Alors je rejoignis la porte d’entrée.

— Bonjour jeune homme !

— Bonjour ! Tante Loyle je présume.

— Tout à fait, heureuse de vous rencontrer Tony.

Visiblement, Lou n’avait plus à faire les présentations. La sentant au bord des larmes, je la pris par la taille et la caressa de la manière la plus réconfortante possible tout en entrant et en suivant sa tante jusqu’au salon. Elle nous servit un verre de jus d’orange frais et me tendit un large sourire. Je reconnaissais des airs de ma Lou sur son visage. Elle avait tout de la femme bienveillante qu’elle m’avait décrite.

— Louise m’a parlé de vous Tony.

— Rrrrha… Tata ! C’est embarrassant.

— Voyons ma chérie, c’est normal.

— Elle m’a beaucoup parlé de vous aussi tante Loyle. Je peux vous appeler comme ça ? lui demandais-je.

— Oui, bien sûr. À part mes élèves, tout le monde me nomme ainsi. C’est vrai que nous passons du temps ensemble toutes les deux. Elle est comme ma fille.

Le regard qu’elle posa sur Lou ne faisait que confirmer toute l’affection qu’elle lui portait. Je me demandais jusqu’où elle s’était confiée à elle à mon sujet. Elle me posa quelques questions, mais rien d’indiscret.

Nous prîmes congé et lui fîmes de grands signes en quittant la place de parking. Lou ne me teint pas rigueur de mon entrée dans sa sphère familiale, sachant certainement que je n’avais pas eu le choix.

Ce samedi fut tranquille. Nous passâmes par le parc, mangeâmes un hot dog et fîmes une balade en forêt. Ce genre d’excursion improvisée aurait été impossible avec les femmes que je côtoyais d’habitude, pensais-je en la voyant marcher tranquillement entre les branches mortes. Lou portait des chaussures plates et ne semblait pas gênée par la nature environnante.

Nous dinâmes en ville tout en discutant de tout et de rien. J’avais prévu de lui offrir une surprise le lendemain, alors je lui indiquais le type de tenue qu’elle devait prévoir. Je ne voulais pas abuser, alors je ne lui proposais pas de monter chez elle en la raccompagnant. Je l’embrassais longuement avant de la laisser partir. À peine était-elle sortie de la voiture qu’elle me manquait déjà.

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