Jeux de Confiance – Chap 12

Jeux de Confiance V2 Fb

Dimanche 3 décembre 2017

Louise

J’étais anxieuse. Mes mains tremblaient tellement que j’avais du mal à boutonner mon chemisier. Je n’avais rien fait de spécial pour m’apprêter. Je n’avais pas envie de jouer à être quelqu’un d’autre. Un simple trait de crayon noir et du mascara suffisaient. Je reçus un message de Tony. Il était en avance. Je me dépêchais de prendre mon manteau et je sortis en trébuchant dans mes propres pieds. Mon corps ne répondait pas correctement aux ordres que lui envoyait mon cerveau. Je dois me ressaisir !

Arrivée dans la rue, il était là, terriblement sexy, appuyé sur sa voiture de collection. Mon bas ventre réagit et des frissons me parcoururent tout le corps. Lorsqu’il me vit, il s’approcha de moi. Je n’eus pas le temps de réagir avant qu’il ne me serre contre lui dans une étreinte folle. Il nous fit tourner sur place et je me mis à rire comme une adolescente. Lorsqu’il me reposa, il plaça un baiser sur mon front et me prit la main pour m’accompagner jusqu’à la place passager. Une fois installé sur son siège il se tourna vers moi.

— Tu as bien dormi ?

— Oui très bien. Et toi ?

— Plutôt bien. Avais-tu des projets pour ce weekend ? Je t’ai accaparé toute la journée d’hier, je ne voudrais pas abuser.

— Eh bien, à vrai dire, j’aurais voulu repasser par la bibliothèque pour récupérer mes livres et mes notes.

— Entendu. Tu veux y aller maintenant ?

— Ça ne te dérange pas ?

— Non, je me suis habitué à cet endroit à force d’y être allé pour te chercher ces derniers jours.

Il me fit une grimace et je gloussais de l’imaginer déambuler sous le regard intrigué de ma mère et des habitués. Arrivés devant la grande porte en bois, je glissai la clé dans la serrure et nous entrâmes. Habituellement silencieux, ce lieu était comme abandonné sans ses lecteurs tournant les pages de leurs livres, ou sans le son des claviers d’ordinateurs.

Le plafond immensément haut faisait résonner nos pas sur le parquet vieilli. J’allais récupérer mes affaires et repartir quand je vis que Tony s’était éloigné dans les allées. Je le rejoignis mais il continua à visiter ce lieu que je connaissais par cœur.

— Cet endroit est vraiment magnifique. Je comprends que tu aimes y passer des heures.

— Oui, je m’y sens comme chez moi.

Je lui racontais tout ce temps passé ici tandis que ma mère travaillait. Il s’intéressa à mes lectures puis le sujet dériva sur mon père, ses absences et ses principes. Tony eut un air réprobateur mais n’en dit pas plus. Lorsque nous sortîmes, le soleil était éblouissant malgré la fraicheur. Il me proposa d’aller manger chez lui. J’hésitais, mais après tout, j’y avais déjà passé une nuit et il ne s’était rien passé.

En entrant dans son studio, je me rappelais mon réveil et mes peurs. Cela me sembla un peu exagéré maintenant que je connaissais un peu mieux mon hôte. Il me servit un verre d’eau et alla allumer le gaz sous une marmite usée.

— Tu as cuisiné ?

— Oui, j’espère que tu vas aimer. C’est une poule au pot, j’adore ça ! C’est mon père qui m’a appris cette recette.

— Décidément, ton père t’a tout appris ! Il a l’air d’un homme formidable.

— Il l’est et il t’adorerait !

Son repas était succulent. J’hallucinais ! Il alla préparer du thé et du café tandis que je terminais de débarrasser.

Respectivement assis dans le fauteuil et sur le canapé-lit, nous discutâmes toute l’après-midi. Je devenais incroyablement bavarde avec cet homme. Vers dix-sept heures, je lui expliquais que je devais aller rendre visite à mes parents. Il eut l’air déçu mais acquiesça.

Alors que je m’apprêtais à enfiler mon manteau, il se glissa derrière moi et ses mains effleurèrent mon ventre. Il mit de côté mes boucles denses et posa ses lèvres sur ma peau, y déposant quelques baisers. Je me laissais faire lorsqu’il me fit pivoter tout doucement, embrassant ma joue puis le coin de mes lèvres. Il sembla hésiter un instant, alors je le resserrais près de moi en passant mes bras autour de son cou. Encouragé, il continua ses baisers sur mes lèvres que je lui rendis avec plaisir. La chaleur m’envahissait tandis qu’il caressait doucement ses lèvres contre les miennes.

Je n’avais jamais reçu un geste si affectueux. Il était beau. J’étais bien avec lui. Comment pouvais-je résister ? Alors, quand il passa doucement sa langue sur ma lèvre supérieure, je l’accueillis avec ardeur. Mon désir grimpa soudainement en flèche. Il pressa sa main dans mon dos, la fit glisser plus bas et je compris alors que mon envie était partagée. Cette sensation au niveau de mon entrejambe et le sentir dur contre mon ventre ne firent qu’amplifier ma fougue.

À ma stupeur, il me relâcha, me picorant de baiser devenus bien plus tendre et me regarda l’air dangereusement féroce. Personne ne m’avait jamais embrassé ainsi de ma vie. J’en étais complètement chamboulée.

— Tu veux toujours aller rejoindre tes parents ? me demanda-t-il l’air taquin.

— Quoi ? Qui ?

Il éclata de rire et je me rendis compte que j’avais oublié le monde autour de moi durant quelques instants. Aller voir mes parents me sembla soudainement un plan des plus ennuyeux.

— Oui, enfin, je crois, repris-je tout de même.

Il m’aida à enfiler mon manteau, me tendis mes livres ainsi que mes notes et ouvrit la porte, un grand sourire aux lèvres.

— Tu reviens plus tard si tu veux.

— Je… je ne sais pas. Ne m’attends pas d’accord ?

Je savais déjà que je rentrerais directement chez moi afin d’éviter toute tentation qui me mettrait en danger.

— Ok, je t’appelle ce soir ma belle. Fais attention à toi.

Il me suivit sur la première marche et déposa un petit bisou sur mon nez. Il semblait bien s’amuser et très heureux. Pourtant, j’avais lu sa déception dans ses yeux à mon refus de revenir le voir. Je lui fis signe au bas des escaliers et rejoignis l’arrêt de bus. J’étais dans tous mes états. Avait-il joué avec moi ? Ou bien était-ce sa manière d’y aller doucement tout en me donnant envie d’aller plus loin ? J’oubliais tout ça en passant la porte de la maison de mes parents. Ils m’invitèrent à dîner et je rentrais chez moi aussitôt sortie de chez eux.

Tard dans la soirée, je reçus un message de Tony qui souhaitait m’appeler. Nous passâmes quelques minutes au téléphone et je raccrochais, de plus en plus étonnée par sa prévenance et ses attentions. Ce n’était peut-être rien, mais je n’étais pas habituée à ça. Cette nuit-là, j’eus un sommeil agité, sans doute à cause du baiser échangé avec le mec le plus sexy que j’avais rencontré depuis des lustres.

Lundi 4 décembre 2017

En ce lundi matin, je me réveillais sans énergie. Alors que je prenais mon petit-déjeuner, je reçus un message de Tony me souhaitant une bonne journée. C’était adorable ! Je m’installais devant mon ordinateur et reprenais mon travail. Ma vie avait repris son cours normal, surtout comparée au weekend incroyable que je venais de vivre. Le début de semaine aussi, en quelques sortes. J’avais repris mes séances de sport sur le conseil de Tony, qui m’envoyait régulièrement des messages et m’appelait chaque soir. Toutes ses attentions m’enchantaient !

Jeudi 7 décembre 2017

Tony

Je passais une superbe semaine. C’était sûrement dû aux deux jours passés avec cette femme sublime qu’était Lou. J’étais comme un fou depuis le baiser de dimanche soir même si j’avais été frustré de ne pas l’avoir revu plus tard. J’adorais entendre sa douce voix au téléphone. Je me sentais privilégié d’entretenir cette relation avec elle. Mais il fallait qu’elle se sente spéciale et j’avais un plan en tête. Je savais qu’elle devait aller à sa séance de sport aujourd’hui. Elle m’avait dit vouloir y aller vers huit heures du soir. Je patientais et j’espérais que mon plan fonctionnerait. J’envoyais un message à ma douce Lou et elle me confirma qu’elle sortait justement pour rejoindre son ancien lycée.

Louise

J’étais ultra motivée pour ma séance de musculation. Sans doute parce que j’en avais parlé avec Tony plusieurs fois cette semaine. Il m’avait donné quelques conseils et j’avais hâte de les tester. En sortant dans la rue, mon sac de sport à l’épaule, je vis une camionnette devant la porte de l’immeuble. Ça ne m’aurait pas autant interloquée si je n’avais pas reconnu Tony au volant. Il releva la tête de son portable. Il était sûrement en train de lire le message que je venais de lui envoyer, son sourire s’élargit et il me fit signe de monter à côté de lui.

— Qu’est-ce que tu fais ici ? Dans cet utilitaire ? m’étonnais-je.

— Bonsoir Lou, moi aussi je vais bien.

— Oui, excuse-moi, bonjour Tony.

— Il se pencha sur moi et m’embrassa doucement, une main sur ma joue.

— Tu es très chic dans cette tenue de sport. J’aime bien.

— Tu te moques de moi… je suis ridicule !

Il rigola et je fis une mine vexée.

— Bon, tu m’indiques le chemin jusqu’à ta salle de sport privative ou bien je dois visiter tout le quartier pour la trouver ?

— Tu es venu jusqu’ici juste pour m’y accompagner ? Prends cette rue à droite.

Tandis que je lui indiquais la route, il ne dit pas un mot sur la raison de sa présence. Nous arrivâmes rapidement derrière le bâtiment. Je sortis du véhicule et Tony me rejoignit tout en regardant la cours et la grille.

— Bon, tu vas me dire ce que tu fais ici ?

— Je t’accompagne. J’ai cru comprendre que tu avais besoin d’un coach sportif… alors me voilà !

— Tu es fou !

— Pourquoi pas ?

— Eh bien, déjà… et puis… enfin mince ! Je n’en sais rien, tu as peut-être d’autres choses à faire que de me regarder.

— Oh mais je ne compte pas seulement te regarder, fit-il en laissant glisser ses yeux d’un air gourmand sur moi. Je pensais surtout t’entrainer. Et je peux toujours soulever quelques poids moi aussi. On y va ? ajouta-t-il en se dirigeant vers l’arrière de sa voiture.

Je le suivis, moitié rouspétant moitié intriguée. Il ouvrit les portières et je vis tout un tas de matériel et de sacs de sport. Il m’en tendit un, lourd comme pas possible. Il prit le sien, plus énorme encore, qu’il passa en bandoulière autour de son dos large, puis referma les portes à clé.

— Je suis prêt !

— Je ne sais pas pourquoi je te laisse faire.

— Sans doute parce que je suis adorable.

Je lui tirais la langue en guise de réponse et déverrouillais la grille. Nous traversâmes la pelouse dans le noir. Arrivés devant la double porte, je l’ouvris à l’aide d’une seconde clé. Nous entrâmes et montâmes à l’étage où se trouvait la petite pièce et le matériel de musculation.

Il n’y avait pas grand-chose mais c’était bien suffisant pour moi. Tony fit le tour et commença à sortir ses affaires de son sac. Lorsque je vis des gants et un casque, je compris qu’il n’était pas là pour un simple coaching de gonflette. Il me regarda le sourire en coin. Lorsqu’il vit mon signe de tête, confirmant que j’étais d’accord, il sauta de joie et me pris dans ses bras.

— Tu vas voir ma douce, plus aucun homme ne te touchera ! À part moi bien sûr.

— Tu crois vraiment que j’en suis capable ?

— Bien sûr, tu es forte et courageuse, j’ai confiance en toi.

Ces mots me touchaient. Il était tendre et il savait créer une proximité entre nous que j’étais incapable de refuser.

Rapidement, nous nous mîmes au travail. À la suite d’une séance d’échauffement, il m’entraina aux quelques exercices de musculation dont il m’avait parlé. Il restait prêt de moi et m’encourageait. Il me donnait des techniques et des conseils. Après une heure d’entrainement, nous en vînmes à la partie de self-défense. Il ne m’apprit que les bases et comment se retirer de l’emprise d’un homme qui viendrait à m’attraper par derrière, son bras autour du cou. Pour cela, il était obligé de se placer en position d’assaillant et de m’expliquer les différentes manières de pratiquer.

Il était contre moi, son souffle caressant ma peau. J’avais du mal à suivre tous ses conseils car cette proximité me faisait perdre un peu de mon contrôle. Il dû s’en rendre compte car il sourit et lui-même se perdit dans ses explications. Cette séance fut plus une partie de fou rire qu’elle ne fut constructive. Mais j’étais en confiance avec lui et ça, pour moi, c’était une sacrée bataille de gagnée.

Nous passâmes une deuxième heure dans ce petit local et nous décidâmes de nous arrêter là. Nous remballâmes les affaires de Tony et retournâmes à la camionnette. Arrivés devant mon immeuble, j’hésitais avant de me pencher vers lui. Il m’enlaça et m’embrasa doucement. Ses lèvres sur les miennes étaient chaudes et agréables. Je ne m’en lasserais jamais, pensais-je.

— Je peux monter avec toi ?

Sa voix était si affectueuse que mon cœur s’emballa mais un trouble m’envahit.

— Oh tu sais, je suis crevée et il est tard. Je n’ai qu’une envie c’est de prendre une douche et me glisser sous mes draps.

— Ok, ok je comprends, je suis naze moi aussi de toute façon.

Je découvris à son ton dépité qu’il était vexé voire même blessé. Je n’avais aucun mot pour le rassurer et je n’étais pas prête à franchir le pas malgré la proximité que je m’accordais avec lui. En sortant de la camionnette, il me sourit tristement et je lui fis signe de la main juste avant de me retourner pour rejoindre la porte de mon immeuble.

Tony

Je me sentais con d’avoir demandé de monter chez elle. Bien sûr qu’elle allait refuser ! Je devais lui laisser du temps, même si pour moi, cela semblait interminable. J’avais envie d’elle, envie de découvrir son corps. Elle semblait à la fois si fragile et si forte, que j’avais du mal à la cerner. Je réalisais que je ne savais toujours rien de son passé. Je connaissais un peu plus son enfance et je savais à peu près quelle était sa vie depuis ces derniers mois, mais que s’était-il passé entre les deux ? Est-ce son père et ses fausses idées qui la bloquaient ?

Vendredi 8 décembre 2018

J’étais derrière l’ordinateur dans le bureau de mon père, tandis qu’il s’occupait du dernier client. Nous avions passé une journée tranquille et il n’avait pas cessé de me lancer des regards obliques. Lorsqu’il s’installa dans le fauteuil face à moi, je sus qu’était à nouveau venue son heure paternaliste.

— Tu as des projets pour ce week-end gamin ?

— Oh tu sais, comme d’hab.

— Tu vas sortir avec ta bande c’est ça ?

— Mouais, peut-être.

Voyant qu’il se renfrognait, je me décidais à lui parler.

— Je pense que je vais aller voir une copine.

— Une copine ?

— Oui, enfin… MA copine. C’est une fille que j’ai rencontrée il y a quelque temps.

— Oh ! Elle est comment ?

— P’pa !

— Oh, ça va, tu peux bien me dire ça quand même.

— Elle est géniale, mais il n’est pas question que tu la voies. Alors, laisse-moi terminer maintenant.

Il s’en alla en ronchonnant, mais je savais qu’il était content pour moi. J’enregistrais les derniers devis et fermais l’ordinateur. J’avais hâte de retourner à ma voiture pour appeler Lou.

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