Jeux de Confiance – Chap 4

Jeux de Confiance V2 Fb

Louise

Je suis trop directe, je n’ai aucune censure. Je le sais pourtant, ma mère m’a appris à ne jamais parler pour ne rien dire. Je ne passe donc pas par quatre chemins quand j’ai quelque chose en tête. Mais cela m’a parfois causé quelques problèmes, les gens ne sont pas toujours habitués et n’aiment pas qu’on leur dise la vérité.

Je voyais que je prenais confiance et que je pouvais le croire quand il disait qu’il n’était pas ce genre de sale type à abuser d’une femme. D’ailleurs, s’il avait voulu, il aurait sûrement agi avant. Mais je décidai de rester sur mes gardes. J’étais de nature joviale, pourtant je riais rarement, sans doute car je passais la plupart de mes journées complètement seule. Je ne me souvenais pas de la dernière fois que j’avais ri autant. Cette sensation était apaisante et agréable. J’en avais presque oublié la saveur même si je la décrivais souvent dans mes histoires et dans mes traductions.

Tandis que nous parlions, j’en profitai pour le regarder plus en détail. Son visage semblait parfait, comme s’il sortait d’un film. Son visage carré renforçait cette image de tombeur. Il avait une mâchoire large et musclée, son teint était légèrement mat et ses cheveux bruns. Ses gestes, vifs et parfois bourrus pouvaient également être sensuels et doux. Un homme comme lui existait-il ? Je repensai à mon manuscrit, il semblait parfaitement coller au personnage que je cherchais depuis plusieurs semaines, plusieurs mois peut-être.

Tandis que nous nous dirigions vers le salon, je remarquai que le lit avait été fait de nouveau. Je lui souris d’un air entendu et me glissai sous la couette. C’était si bon, les draps sentaient la lessive et ils étaient doux. Je discernais déjà le sommeil approcher à grands pas. Il s’échappa dans la salle de bain et revint quelques instants plus tard en jogging et tee-shirt. À ma surprise, il s’installa sur le fauteuil en face de moi, posant une petite couette sur lui.

— Comment va ta tête ?

— Bien, enfin… ça me lance au niveau de l’œil, mais je n’ai plus de vertiges.

— Tant mieux. Après une bonne nuit de sommeil tu te sentiras encore mieux.

Il se releva, éteignit la lumière et baissa le son de la musique que j’avais presque oublié. Il revint une télécommande à la main et se réinstalla dans le fauteuil en face de moi. Son regard sur moi était bienveillant.

— Tu ne vas pas te coucher dans ton lit ? Je vais mieux tu sais, je te promets de t’appeler si ça ne va pas.

— Tu es dans mon lit ma belle.

— Nan… oh, je pensais qu’il s’agissait seulement d’un canapé-lit et que ta chambre était plus loin.

— Non, tu as vu presque tout mon studio. Je n’ai pas d’autre pièce. Mais ne t’en fais pas, ajouta-t-il en voyant mon air horrifié et gêné, je me fiche de dormir ici. J’ai passé plus d’une nuit dans cette position. Endors-toi et ne t’en fais pas pour moi.

— Tu es sûr ?

— Oui, dors maintenant Lou.

Je m’autorisai à fermer les yeux, sachant son regard toujours posé sur moi. Mais après quelques instants, je les rouvris l’entendant remuer afin de chercher comment se placer. Malgré la largeur du fauteuil, son corps était bien trop imposant pour s’y installer confortablement. Je pouffai de rire et il me lança un regard, mi amusé mi agacé par la situation.

— Écoute, on peut partager le matelas, si tu restes dans ta couette et moi dans la mienne.

— Quoi ? Non, je… je vois que tu as besoin de ton espace et je ne voudrais pas te mettre mal à l’aise.

— Et je ne pourrais pas dormir si tu gigotes comme ça, ni en sachant que tu passes une nuit blanche par ma faute.

Devant son hésitation, je poursuivis.

— Dis-toi que c’est une manière de me prouver que j’ai eu tort de mal te juger dès le départ.

— Ok, je reste dans ma couette, promis ! dit-il, le sourire jusqu’aux oreilles en me contournant pour rejoindre l’autre côté canapé.

Mon corps fut attiré par le creux du matelas causé pas le poids de Tony à côté de moi. Je devais me maintenir pour ne pas rouler vers lui. Quelques instants plus tard, je m’aperçus que lui tourner le dos n’était pas non très confortable. Je me tortillai afin de maintenir les vêtements trop larges et la couette autour de moi.

Une fois face à lui, je vis qu’il était allongé sur le dos, un bras sous sa tête. Son biceps était gonflé et mon bas ventre se crispa en m’imaginant me coller contre lui. Sentir son corps chaud sur moi, ses bras épais autour de ma taille. La chaleur montait en moi et je dû passer mon bras au-dessus des draps pour refroidir mon épiderme. Il éveillait en moi quelque chose de nouveau. Je devais me reprendre, ne pas me laisser avoir par cette soudaine proximité. C’était une résolution prise depuis longtemps maintenant et il n’était pas question de rompre la promesse que je m’étais faite à cette époque.

Il se tourna vers moi et je fixai son regard. Ses yeux naviguaient sur mon visage, mon cou, mon bras et ma main tout près de lui. Je tremblais sous son regard, je n’osais plus bouger. Il avança sa main vers moi, son hésitation visible, puis repoussa une mèche qui me tombait sur le front. Voyant que je ne le repoussais pas, il me sourit. Il commença à caresser mes cheveux, effectuant de douces pressions, glissant parfois ses doigts sur mes tempes. Je fermai les paupières pour apprécier le moment. Cela faisait longtemps que personne ne m’avait touchée et ses gestes étaient si tendres que je laissai le sommeil m’emporter.

Tony

Elle était là, tout près de moi. Deux épaisseurs de couette nous séparaient pourtant je sentais la chaleur de son corps. Son visage semblait plus apaisé maintenant que ses yeux n’étaient plus terrifiés. Sa peau m’attrayait, j’avais envie de la toucher, d’explorer son corps, doucement, lentement… Lui offrir la douceur d’une étreinte et la puissance d’un orgasme.

J’avais terriblement envie d’elle. Mon sexe n’avait cessé de rester tendu depuis que je l’avais vue s’allonger dans mon lit. Je ne me serais jamais permis de m’étendre près d’elle si elle n’avait pas insisté. À nous voir comme ça, on ne dirait pas que c’est elle qui menait la danse. Elle posait ses limites et je ne souhaitais pas les dépasser sans son accord.

Pourtant, l’attraction était trop forte. Je voyais qu’elle aussi me dévorait du regard. J’y étais habitué venant des femmes. Pourtant, une énergie nouvelle montait en moi en constatant son désir flagrant se mêlait à un air récalcitrant. J’avais envie de me dépasser et d’agir différemment pour elle. Afin de lui donner le courage de dépasser ses propres limites.

Rester autant de temps loin du corps d’une femme que je désirais était une première pour moi. Je serais déjà passé à l’attaque avec une autre mais elle n’était pas ce genre de femme que l’on séduit avec quelques compliments. Elle était un défi bien plus difficile à relever et je ne savais pas si je pouvais ne serait-ce que me placer sur la ligne de départ.

Tandis qu’elle me fixait, je laissais mon regard couler sur elle. Elle devait sentir mon désir, mais elle ne baissa pas les yeux. Son bras étant sorti de la couette alors j’en profitai pour détailler le grain de sa peau. Elle était blanche et fine. Son cou était en partie recouvert par ses boucles.

Une de ses mèches lui tombait près des yeux, alors je me décidai. Si elle me rejetait, je ne tenterais rien de plus ce soir. En approchant ma main de son visage, elle cilla mais ne me repoussa pas. Je fis glisser sa mèche et passai mes doigts dans ses cheveux. Son odeur m’envahit et je luttais pour ne pas lui sauter dessus. Quelques secondes plus tard, elle ferma les yeux. Son souffle se fit lourd. Elle s’endormait.

Je continuai mes caresses, profitant de cet instant qui semblait précieux avec elle. Ses lèvres pleines m’attiraient comme des aimants, j’aurais tant voulu y goûter. La chaleur montait en moi et le sang fit gonfler mon pénis de la savoir si près de moi, son corps perdu dans mes vêtements. J’imaginai les lui retirer et lui caresser les seins, le ventre et les fesses. Putain ! Cette fille allait me rendre fou ! Je retirai ma main, sentant que mon désir risquait de se sentir dans la pression que j’exerçai sur son crâne. Nous en resterons là et je le savais.

Samedi 14 octobre 2017

Louise

À mon réveil, je frissonnais de froid. Je m’étais endormie si vite que je n’avais pas changé de position de la nuit. Tony, le visage tout près du mien, avait laissé sa main près de mon menton. Je me blottis dans la couette et mon mouvement réveilla mon hôte. Il ouvrit les yeux et s’approcha de moi, j’étais pétrifiée. Il dut s’en rendre compte car il bascula sur le dos, s’étirant de tout son long. J’eus tout le loisir d’admirer les muscles tendus de son biceps. J’aurais voulu m’y blottir, mais il aurait interprété mon geste et les choses seraient devenues incontrôlables.

Les images de la veille me revinrent tout à coup. Le regard de ce mec bourré juste devant le bar, ses mains sales sur moi et sa langue léchant ses lèvres. Je n’osais pas imaginer ce qu’il s’apprêtait commettre. Malgré moi, des images affreuses me vinrent à l’esprit. Tony sembla remarquer la panique m’envahir à nouveau car il s’approcha de moi. Cette fois, je n’eus pas le temps ni la volonté de le repousser. J’avais envie de son étreinte.

Il passa le bras sur moi, la couette toujours enroulée autour de mon corps. Il me fit glisser vers lui et me serra. Me relevant le menton, il vint déposer un baiser sur mon front. Ses lèvres étaient tout près des miennes, sa main glissant de nouveau dans mes cheveux. Mon corps était rempli de frissons et j’eus un tremblement. Il m’étreignit alors plus fort contre lui. C’était étrange. Nous étions à la fois si lointains par cet amas de tissus, mais aussi tellement proches. J’entendais sa respiration s’accélérer.

— Je suis là Lou, je ne laisserai personne t’approcher ni te blesser.

— Je sais, parvins-je à souffler.

Il glissa sa main dans mon dos, augmentant la pression pour me sentir au travers la couette. J’étais pleine de contradictions, à la fois mon corps désirait ce moment, en voulait plus encore, à la fois je voulais qu’il retire ses mains de moi. C’était un homme à femmes, il savait s’y prendre et il jouait sûrement avec moi. Je ne lui accordais pas suffisamment de confiance pour croire qu’il donnait quelconque importance à cet instant. Je n’étais qu’une parmi tant d’autres.

J’étais encore en pleine hésitation lorsqu’il replaça sa main dans mes cheveux, provoquant de nouveau frissons sur ma peau bouillante. D’une légère pression, il plaça mon visage près de son torse et m’amena vers lui. J’étais maintenant dans ses bras, le front collé à son cou bouillant, nos deux corps serrés malgré les deux couettes.

Il continua ses caresses et je décidai de profiter de l’instant, sachant que tout ça n’avait pas le même sens pour lui. Cependant, j’étais rassurée car il ne tenterait rien de plus. Il me gardait près de lui sans me toucher davantage. J’aimais être dans ses bras… J’en voulais plus ! Mais je devais me contenter de cette étreinte, je savais que j’étais influençable et que les hommes n’étaient pas dignes de confiance. Je n’étais pas prête à m’offrir à lui.

— Pourquoi étais-tu dans la rue à cette heure-ci, près de ce bar ? me demanda-t-il au bout d’un moment.

— C’est idiot.

— Dis-moi quand même.

— J’étais à la bibliothèque, je peux y passer le temps que je veux car ma mère y travaille. Hier, je n’ai pas vu le temps passer et j’ai raté la dernière navette me permettant de rentrer chez moi. Je n’avais pas le choix que de rentrer à pied. C’est idiot je te l’ai dit.

— C’est clair. Moi, je ne lis presque jamais, c’est tout à fait stéréotypé, tu ne crois pas ?

— Oui, j’avoue que ça colle plutôt bien à ton personnage.

Un silence se fit, que je ne rompis pas, appréciant ce moment. J’étais dans les bras d’un homme et j’étais bien. Dans quelques heures, je reprendrai le cours de ma vie et tout cela ne serait qu’un souvenir. Je ne savais pas combien de temps nous étions restés ainsi, je n’osais pas bouger, m’enivrant de son parfum viril et de sa peau sur la mienne.

Malgré moi, malgré toutes mes réticences, mon corps réagissait disproportionnément à cette proximité. Mon entrejambe était bouillant et me taquinait. J’avais envie de lui, de ses mains sur moi. J’étais face aux conséquences de plus de deux ans sans contact physique avec un homme. ce n’était là qu’une réaction chimique normale.

L’inquiétude me tirailla le ventre en imaginant aller plus loin avec lui. Il était hors de question de me laisser aller, sachant ce que cela pourrait provoquer. Tout ce que je désirais n’existait pas et je le savais aujourd’hui. Mes précédentes expériences me l’avaient apprise et je n’étais pas encore prête à l’oublier.

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