Jeux de Confiance – Chap 2

Jeux de Confiance V2 Fb

Tony

Après quelques verres, je remarquai une brune qui semblait plutôt ouverte à la vue de sa tenue. Des bas aux motifs étranges, au travers desquels je pus aisément voir ses tatouages en forme de flingues à l’arrière de ses cuisses. Sa jupe était si courte que si elle se baissait, on n’aurait pas eu de mal à voir qu’elle ne portait rien en dessous. Ses talons étaient tellement hauts que je me demandais comment elle pouvait tenir en équilibre là-dessus. Elle était bien en chair mais cela ne semblait pas la gêner. Tous les hommes ici savaient ce qu’était venue chercher cette fille. Je ne m’étais pas arrêté sur son visage, elle portait trop de maquillage pour que je puisse distinguer quoi que ce soit. J’avais l’habitude de ne pas regarder de trop près, encore moins le matin au réveil quand la meuf s’était incrustée toute la nuit.

Je finis mon verre d’un trait et repris ma discussion. Quand je me retournai à nouveau, elle était occupée à parler avec un type qui n’avait pas l’air très frais. Il n’allait pas faire long feu avec elle, alors je regardais la scène, en imaginant déjà le râteau qu’elle allait lui foutre. Ce genre de fille, il faut entrer dans leur jeu, leur laisser croire qu’on a pas vu qu’elles n’attendent qu’une chose c’est de se faire prendre dans les toilettes du bar. Elles ont besoin de croire quelques instants qu’elles sont difficiles à conquérir. Même si le résultat est le même. Et ce mec-là, à sa manière de l’approcher, il ne connaît pas les règles du jeu.

Lorsqu’elle claqua sa main sur sa joue, je jubilai. Jusqu’à ce qu’il lui rende son geste. Je n’hésitai pas un instant et allai le choper par les épaules tandis qu’il s’apprêtait à réitérer son geste. Sans un mot, la colère envahissant mon visage, je le plaquai contre un pilier et je lui foutu une droite en pleine gueule ainsi qu’une patate dans le ventre. Il était plié en deux, alors j’approchai mon visage de lui, tandis qu’il crachait du sang.

— Tu vas sortir de mon bar mon gars et tu n’y mettras plus les pieds.

J’avais chuchoté mais mon ton était sans équivoque. Lorsqu’il releva la tête vers moi, il semblait avoir compris le message et il fila à toutes jambes, suivi par sa bande de débiles. La fille s’était envolée, sûrement aux toilettes avec ses copines. Elle y réfléchira peut-être à deux fois avant de se balader habillée de cette manière. Elle ne méritait pas le coup que cet enfoiré lui avait foutu, mais elle ne faisait rien pour que ce genre de situation n’arrive pas. Je rejoignis mes potes, le cœur reprenant une vitesse normale. Ils me tapèrent dans le dos en se moquant de moi.

— Alors, le sauveur de ces dames ! Toujours à secourir les demoiselles en détresse hein ?

— Ouais, enfin, celle-là n’avait rien d’une demoiselle, fis-je en me mêlant à leurs rires.

On se commanda un autre verre et je repris ma soirée là où elle s’était arrêtée. La fille passa rapidement devant nous, me jetant à peine un regard. Un merci t’aurait fait mal ? pensais-je avec aigreur. Je laissai couler, après tout, elle n’en valait pas la peine.

Quelques potes fumaient, alors je les accompagnai dehors tandis qu’ils tiraient sur leur clope. Moi je ne touchais plus à ça depuis que j’avais pris au sérieux la musculation. Je tenais à faire gaffe, les beuveries et les nuits blanches étaient suffisamment néfastes pour ne pas en rajouter.

Tandis qu’on sortait, je mis quelques secondes avant de m’apercevoir que quelque chose se passait près de nous. Putain, il est encore là ! Ma colère prit de nouveau le dessus en voyant qu’il s’en prenait à une autre fille. Mais cette fois, c’était tout le contraire de sa première victime. Elle semblait toute menue entre ses mains. Les yeux de la blonde étaient remplis de terreur et il commençait à la toucher tandis que ses potes la maintenaient immobile. J’étais sûr qu’elle n’aurait pas su comment se défendre si elle avait eu les mains libres.

— Lâchez-moi !

Ses mots, remplis de frayeur me sortirent de mon état d’hébétement et je me ruai sur lui. Cette fois, je ne comptais pas le laisser partir en un seul morceau, il devait comprendre la leçon. Alors que je le chopais par la taille pour le jeter à terre, son bras percuta la fille qui tomba sur le sol. Je frappai le gars au visage jusqu’à ce qu’il soit à la limite de la perte de conscience. Je ne supportais pas ces types et celui-là s’était attaqué à une femme sans défense. Ça me foutait encore plus en rage.

— C’est la dernière fois que je te préviens, tu n’as pas intérêt à remettre les pieds dans ce quartier. Si je te revois dans les parages, tu ne te reconnaitras plus dans le miroir.

Je le lâchais portant mon attention sur la jeune fille allongée par terre. Mes potes étaient venus me rejoindre au cas où le reste du groupe aurait voulu m’en foutre une. Mais pas un ne bougeait. Kurt, mon meilleur pote, s’était approché de la blonde restée allongée sur le bitume. Il me jeta un œil inquiet.

— Casse-toi fis-je. Casse-toi où je te brise les deux jambes !

Ses potes l’aidèrent à se relever et ils s’éloignèrent enfin. J’attendis de les voir disparaitre au coin de la rue, tentant une nouvelle fois de calmer mon rythme cardiaque devenu fou par l’adrénaline. Je m’approchai de la fille. Kurt l’avait redressée, son dos appuyant contre le mur de briques, elle semblait perdue. Du sang coulait de son œil. Un de mes amis me tendit un mouchoir et j’essuyai le sang jusqu’à trouver la blessure. Je me rassurai en voyant qu’il s’agissait seulement de son arcade. La peau y est très fine et son contact direct avec l’os du crane en fait une plaie fréquente. J’avais eu plus d’une fois l’arcade dans cet état, mais la pauvre, elle devait être sonnée. D’ailleurs elle avait le regard ailleurs et ne semblait pas comprendre ce qui lui arrivait.

Je sentis la pluie tomber sur ma nuque. Suite à un regard entendu avec Kurt, je la pris dans mes bras et il m’accompagna jusqu’à chez moi. L’odeur de ses cheveux dorés me parvint tandis que je montai les escaliers menant à mon étage. Son parfum était doux et sucré. Ça changeait des odeurs de bouteilles bas de gamme, d’alcool et de clopes des filles que j’approchais d’habitude.

Mon meilleur ami ouvrit la porte et j’installai ma protégée sur le lit. Il alla chercher une serviette humide pour que je nettoie un peu mieux son visage. Je retirais le sang et désinfectais la plaie pour enfin déposer deux strip sur son arcade. J’avais l’habitude de ce genre de soins, sur moi ou sur mes potes. J’avais la fâcheuse tendance à me mettre dans les bagarres. Parfois Kurt m’en voulait d’être revenu amoché par ma faute. Mais cette fois, je voyais dans son regard qu’il aurait sauvé cette fille si je n’avais pas réagi avant. On discuta un moment et je l’assurai qu’il pouvait rejoindre les potes sans moi. J’avais été refroidi et je n’avais plus aucune envie de poursuivre la fête. Quand Kurt fut sorti, j’allai dans la salle de bain pour me passer un peu d’eau sur la figure et me brosser les dents. Je puai la vinasse et je détestais ça.

Louise

Tout était flou, ma tête semblait vibrer et je n’arrivais pas à fixer un point en particulier. Je compris que des bras puissants me portaient et me pressaient contre un torse chaud au parfum puissant. J’entendis des voix, des pas et des bruits de portes. Puis, on me déposa avec douceur sur ce qui semblait être un lit. J’avais froid, la pluie avait sans doute traversé mon pull car je me sentais humide.

J’avais envie de me recroqueviller et de dormir, alors je laissai mes yeux se fermer un instant. Lorsque je me réveillai, je pus enfin voir ou je me trouvais. C’était un appartement presque vide. La personne qui vivait-là ne devait pas passer de temps à décorer son salon. À part un fauteuil énorme, un écran de télévision au mur et une table basse, il n’y avait rien. J’entendis des bruits de vaisselle provenant de l’autre côté du mur. Je tentai de me redresser, mais la tête me tournait. Je passai ma main et je constatai que l’on m’avait apposé un collant sur le haut de l’œil gauche.

Il apparut, un grand tablier autour de lui. « Il », ce devait être celui qui m’avait porté jusqu’ici. Je le détaillai malgré moi. Grand et massif, un « beau-gosse » avec ses yeux d’un bleu clair incroyable. À première vue, il devait tomber des filles à ses pieds. Lorsqu’il vit que j’étais réveillée, son visage s’éclaira.

— Hey ! Comment va ma belle endormie ? Ça fait une bonne heure que tu t’es assoupie.

Sa voix était grave mais douce. Il avait le sourire aux lèvres et ses yeux semblaient inquiets. Il s’approcha de moi tout en détachant son tablier. Je découvris sa chemise blanche, laissant apparaître ses pectoraux gonflés. Il passait certainement des heures à la salle de musculation pour se forger une carrure pareille.

— Comment va ta tête ?

Tout en parlant, il s’était approché de moi. Il tendit la main pour me toucher le visage. Je reculai précipitamment. Je ne savais pas dans quelle mesure il m’avait aidé avec ces sales types, mais il était hors de question qu’il me touche. Mais pour qui il se prend ?

— Oh, excuse-moi. Je ne voulais pas t’effrayer. Je m’appelle Tony. Je… quand j’ai vu ce gars s’en prendre à toi je lui ai foutu une sacrée raclée. Il ne reviendra pas par ici avant un bon moment, ça j’peux te l’assurer ! Mais dans la bagarre, tu t’es pris un coup de poing ou de coude j’sais pas trop. Tu as juste l’arcade sourcilière abîmée.

— Tu… tu veux dire que tu t’es battu ?

— Ba oui, pourquoi ? Ça t’étonne ? Tu ne voulais quand même pas que je le laisse te toucher ?

— Les autres ne semblaient pas être gênés par la scène.

— Les autres, ce sont des cons. J’suis pas comme ça.

Il y eut un moment de silence et j’en profitai pour reculer un peu plus et me couvrir de la couverture posée près de moi. J’étais encore effrayée. Et pour cause, j’étais complètement sonnée chez un homme que je ne connaissais pas. Beau à en tomber par terre qui plus est. Je ne savais pas du tout quoi faire ni quoi dire. Voyant que je ne répondais pas, il poursuivit son récit.

— Quand j’en ai eu fini avec ce type bourré, je t’ai vu allongée sur le sol, le haut de l’œil en sang. Avec mon pote Kurt, on t’a ramené jusqu’ici. C’est chez moi, dit-il en regardant autour de lui et en s’assaillant dans le fauteuil qu’il plaça en face de moi. On est juste au-dessus du bar devant lequel tu passais. Je sais que ça peut paraitre étrange, mais je ne te veux aucun mal. Il commençait à pleuvoir sérieusement et je ne voulais pas entrer dans ce bar puant et bruyant avec toi dans mes bras. Je sais qu’un coup à la tête ça sonne. Tu avais besoin de calme et de soin.

Ce qui confirme mon vague souvenir d’avoir été transportée par un corps chaud et musclé. Je voulais en savoir plus alors je l’interrogeai en touchant mon pansement.

— C’est toi qui m’as soigné ?

— Vaut mieux ne pas toucher. Ça va vite se refermer, mais pour le moment ce n’est pas joli à voir.

— Comment ça « pas joli à voir » !

Étais-je défiguré ? Qu’est-ce qu’il voulait dire ?

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