Jeux de Confiance – Chap 1 (Nouvelle version)

Jeux de Confiance V2 Fb

Vendredi 13 octobre 2017

Louise

Une sonnerie de téléphone retentit dans mon petit appartement et me fit tourner la tête vers l’objet de ma distraction.

— Bonjour maman !

— Bonjour Lou, je te dérange ? Tu étais en plein travail ?

— Non tu ne me déranges jamais… Mais oui, je bossais sur mes traductions.

— Comment ça se passe ? La maison d’édition te paie bien j’espère ?

— C’est suffisant avec les rubriques du journal.

— Ah oui, tes histoires d’amour, c’est vrai… Tu es sûre que tout va bien ? Tu me le dirais si ça n’allait pas. Tu sais que tu as toujours ta chambre ici.

— Oui maman, ne t’en fais pas pour moi. Depuis le temps…

Elle ne me laissa pas finir et poursuivit son monologue sur mes finances et mon choix de vivre seule. J’avais pris mon indépendance il y a plusieurs années, lorsque le journal local m’avait proposé d’écrire régulièrement pour eux et que la maison d’édition m’avait embauchée pour les traductions de leurs romans. Mes revenus n’étaient pas très élevés, mais étaient suffisant pour mon train de vie.

Ce que je préférais, c’étaient les romances, les rencontres fortuites, les coups de foudre et les cœurs brisés tendrement réparés. J’aurais tant aimé vivre une de ces histoires… Tout cela me passionnait, sans doute parce qu’adolescente, je m’étais plongée dans les romans d’amour.

Il faut dire qu’avoir une mère bibliothécaire, ça aide. Petite, j’avais passé mes fins d’après-midi et une partie de mes weekends à la bibliothèque ou enfermée dans ma chambre à lire. Mon père étant routier, il passait le plus clair de son temps sur les routes, loin de la maison. Ma mère n’avait eu d’autre choix que de me garder avec elle sur ses heures de travail. J’avais appris à ne pas parler pour ne rien dire, à chuchoter et à me faire discrète.

Mon métier me permettait de travailler à domicile et cela me convenait parfaitement. Je m’y sentais mieux, plus en sécurité et libre. Cette petite ville était tout ce que j’avais toujours connu, je n’en étais jamais sortie.

J’écoutais ma mère me répéter la même rengaine chaque fois que l’on abordait le sujet. J ’acquiesçai tout en refermant mon ordinateur portable et allai m’asseoir près de la fenêtre. De là, je pouvais apercevoir une des rues menant au centre-ville.

— Je n’aime pas te savoir seule ma chérie.

— Je sais, mais je ne le suis pas, j’ai mes livres !

Ma réponse sembla la rassurer car je l’entendis rire de l’autre côté du combiné. C’était elle qui m’avait transmis la passion pour la lecture. J’avais le nez dans un bouquin aussi loin que remontaient mes premiers souvenirs. Après avoir épuisé tous les livres pour enfant, j’avais commencé les romans féériques, de chevaliers et de princesses.

À l’adolescence, j’avais découvert les romans d’amour, les scènes de baisers m’avaient laissé entendre ce que l’avenir me réservait. Les douces lèvres d’un homme… Même si je n’approchais pas les garçons, je rêvais que l’un d’entre eux vienne à moi pour me susurrer des mots doux, me promettant un beau mariage et de magnifiques enfants.

Et puis, dès que j’en avais eu l’occasion, je m’étais offert des ouvrages plus érotiques… Si ma mère apprenait ça ! Mes souhaits avaient évolué, mais ils étaient toujours à base d’un homme parfait qui m’offrirait la vie que je désirais depuis si longtemps. Jusqu’à ce qu’à force de rêver ma vie, la vie brise mes rêves, me laissant vide, seule et sans espoir.

— Louise, tu m’écoutes au moins ?

— Hein ? Euh… oui. Il faut que je te laisse, j’ai encore un texte à envoyer avant la fin de la journée.

— Entendu Lou. Ne te couche pas trop tard. Et n’oublie pas, on se voit dimanche midi.

« Comme tous les dimanches », avais-je envie de lui répondre, mais je me retins de peur de relancer la conversation ; même si j’appréciais ses appels car elle était une des seules personnes avec qui je discutais. Il faut dire que je ne côtoyais pas grand monde mis à part mes quelques sorties hebdomadaires dans les commerces du coin et mes visites chez eux ou chez ma tante.

Tony

Assis sur un tas de vieux pneus, je m’efforçais de nettoyer du mieux possible la crasse de mes doigts. L’huile et la graisse trouvaient toujours le moyen de s’infiltrer à travers mes gants de protection.

Je jetai un œil à mon père occupé à facturer le dernier client de la journée. Il était fier comme un paon devant son comptoir du « meilleur garage de la ville », comme il aimait le claironner à qui veut l’entendre.

Je travaillais avec lui depuis que je savais tenir une clé de dix et un écrou. Me salir les mains n’avait jamais été un problème pour moi, tout comme mon paternel. J’entretenais une relation fusionnelle avec lui, on se chamaillait souvent, mais au fond, on s’aimait.

— Tony ! T’es prêt fiston ? C’est l’heure, on ferme.

— Oui p’pa ! J’arrive.

Après avoir verrouillé la double porte et s’être souhaité une bonne soirée, chacun rejoignit sa voiture. Une fois au volant, j’enclenchai la radio et pris la direction du centre-ville. Laisser mon père rentrer seul me provoquait toujours un léger pincement au cœur. C’était plus fort que moi.

Depuis que ma mère nous avait abandonnés lorsque j’avais neuf ans, je me sentais responsable du bien-être de ma famille. Mon petit frère Arthur n’avait que trois ans à l’époque. Contrairement à moi, il était plutôt intellectuel et adorait les études. Il finirait sûrement professeur d’histoire.

Sans ma mère, il avait bien fallu se débrouiller. Le jour où elle avait pris sa valise et qu’elle était partie avec un autre homme, sans même un regard en arrière, sans même me dire un mot, je n’avais plus été le même. Quand j’y repensais, ça me tordait les tripes !

Au début, je me suis senti coupable, je ne comprenais pas. Je voyais la souffrance de mon père et l’entendais pleurer tous les soirs. Il était incapable de me consoler, étant lui-même bien trop anéanti par la perte de sa femme. Je me suis occupé de mon frère puisqu’il semblait incapable de faire autre chose que de travailler ou de s’apitoyer sur son sort. Quelques mois plus tard, Arthur a cessé de réclamer après notre mère, c’était comme s’il l’avait oublié. Mais pas moi.

Pourtant, à force de couler, mes larmes ont fini par sécher et celles de mon père aussi. À plusieurs reprises, surtout adolescent, j’ai tenté d’obtenir des réponses, mais chaque fois que j’abordais le sujet, il se renfermait. Nous finissions par hurler et Arthur en souffrait beaucoup. Le sujet de ma mère est devenu tabou.

En y repensant, tout ça nous avait renforcés et nous avais plus unis que jamais. Rapidement, j’ai commencé à donner un coup de main à mon vieux au garage. J’aimais ça, ça m’évitait de penser à ma douleur et je pouvais passer du temps avec lui. En sortant de l’école, je courais jusqu’au garage, la main de mon petit frère dans la mienne. Il me suppliait de ralentir : « Attends-moi Tony ! Je ne peux pas suivre ! ». J’entends encore sa voix haletante.

À peine arrivé, il allait jouer ou lire dans la salle d’attente tandis que je mettais les mains dans l’huile. C’était devenu notre vie. J’aimais prendre soin d’eux deux et ça a forgé l’adulte que je suis devenu. Chaque fois que quelqu’un appelait à l’aide, j’accourais.

Louise

Lorsque je ne travaillais pas, j’aimais rendre visite à ma tante. Elle avait une maison à la sortie de la ville, c’était un havre de paix que j’aimais retrouver. Et puis, ma tante Loyle ne manquait jamais de conseils et d’idées.

— Alors, comment ça se passe ton roman ?

— Ce n’est même pas encore un manuscrit tata, j’ai seulement quelques idées couchées sur un papier. Je ne suis pas tout à fait sûre des personnages et…

— De l’homme tu veux dire, je te connais ma biche, tu hésites encore entre le bad-boy et le doux prince charmant.

— Moque-toi de moi, fis-je en riant. Je préfère seulement prendre mon temps pour bien choisir.

— Ce n’est qu’une histoire. Tu pourras toujours en écrire une autre lorsque tu auras terminé celle-ci.

Elle n’avait pas tort. Alors pourquoi je n’arrivais pas à me décider ? J’étais passée la voir en ce vendredi après-midi de grisailles. Nous étions en octobre et la pluie menaçait. J’avais terminé mes traductions pour la semaine et j’avais besoin de sortir un peu de chez moi. Je pouvais passer des jours entiers sans sortir. Venir ici était un bon moyen de me motiver à parler avec quelqu’un.

— Je sais, tu as raison. Mais peu importe, comment va ta jambe ? éludai-je. Elle te fait encore souffrir ?

— Arf… Oui, surtout avec toute cette humidité dans l’air. Allons dans le salon, on aura plus chaud avec la cheminée.

Nous avons discuté une bonne partie de l’après-midi avant que je me décide à partir. Je n’aimais pas la laisser seule, mais je savais aussi que ma mère viendrait lui rendre visite le lendemain. Les deux sœurs étaient proches. Petite, lorsque je n’étais pas à la bibliothèque, je venais passer mes weekends ici avec maman. Ma tante Loyle était célibataire, elle semblait avoir choisi de vivre loin de l’amour et des enfants.

Sitôt sortie de chez ma tante, je filais à l’arrêt de bus le plus proche afin de rejoindre la bibliothèque. C’était et cela restera le lieu où mes rêves ont commencé. Et bien qu’à vingt-quatre ans je n’étais plus la jeune fille naïve que j’étais, je n’avais pas cessé d’aimer les contes de fées. J’aimais lire et me retrouver dans cet espace rassurant, paisible et rempli de chuchotements. J’adorais le bruit d’une page que l’on tourne et l’odeur du vieux papier. C’était toute mon enfance.

Je ne croyais plus que toutes ces histoires puissent se réaliser. Cela ne m’empêchait pas de me blottir dans mes songes, préférant imaginer l’impossible plutôt que de me confronter à la réalité. J’avais conscience de l’étrangeté de mon comportement, mais si je me sentais heureuse ainsi, à quoi bon forcer les choses ? Rien ne m’obligeait à en sortir après-tout ! Je me sentais bien ainsi, pourquoi changer mes habitudes ?

Les années ont fait que l’amour me parut bien loin de ce que j’avais imaginé étant plus jeune. Tous ces contes n’étaient finalement que des désirs d’écrivains déçus qui, comme moi, se réfugiaient dans des histoires imaginaires pour combler leurs manques dans leur vie réelle. Enfin, c’est ce que je croyais. Il n’y avait pas de bel inconnu, pas d’homme qui pourrait m’apporter tout ce dont je rêvais. Mes désirs étaient sans doute trop grands pour ce monde. J’avais dû lire trop de fois ce que pouvait être l’amour pour croire qu’il puisse exister de cette manière.

Ma mère travaillait encore à la bibliothèque et elle était toujours contente de me voir entrer dans l’immense salle de lecture. Je déposais un rapide baiser sur sa joue avant de filer dans les rayons à la recherche d’inspiration pour mon personnage. Ma tante avait raison, je devais me remuer et commencer à écrire pour de bon.

Tony

Après ma journée de boulot au garage, je rentrais dans l’appartement dont j’étais l’heureux locataire depuis trois ans. En passant la porte d’entrée, je repensais au mal que j’avais eu pour quitter la maison familiale. Je n’avais pas voulu laisser Arthur, alors quand il était parti pour suivre ses études, j’en avais profité pour prendre mon envol moi aussi. Ça a été dur pour mon vieux, mais je passais plus de huit heures par jour avec lui, alors il a compris. De toute façon, je ne lui ai pas laissé le choix.

Après un bon plat de pâtes et une douche, j’enfilai un jeans et un tee-shirt blanc, j’ajoutai un peu de parfum, prêt pour rejoindre ma bande de potes. Nous étions comme qui dirait des fêtards et des queutards. À vingt-huit ans, ma vie n’avait pas beaucoup changé depuis ces dix dernières années.

Je ne passais pas un weekend sans picoler, draguer et danser. Souvent, je ramenais une fille dans mon lit. C’était beaucoup plus efficace avec mon propre chez-moi, surtout qu’il était au-dessus de mon bar préféré. Ce fut d’ailleurs le principal critère qui m’avait décidé à emménager là-bas.

À peine quelques pas m’amenèrent au tabouret à côté de mes potes. Rapidement, le sujet tourna autour des filles et je m’entendis me vanter auprès d’un nouveau venu en ville, un petit jeune qui flippait à l’idée d’accoster une demoiselle.

— Tu vois, les femmes c’est pas si compliqué si tu ne veux pas te prendre la tête.  Tu leur souris, tu leur fais quelques compliments et si ça passe, tu te lances.

Le gamin buvait mes paroles, c’est tout juste s’il ne sortait pas un calepin de son pantalon pour prendre mes conseils en notes. Ça faisait rire la tablée alors je continuais.

— Moi, je leur dis que je vais reprendre la boite de mon père, je roule des mécaniques et après quelques frôlements, je les invite à danser. Je choisis un air plutôt chaud tu vois et je remue contre elles. En général, c’est le moment où elles craquent. Bon, je me suis pris quelques râteaux et plusieurs baffes, mais c’est le risque à prendre tu sais !

Les rires des mecs autours de moi et leurs commentaires confirmèrent au jeune puceau qu’ici, c’est comme ça que ça marchait.

Je savais que je passais pour un conard, mais je ne m’attachais pas à ça. Tout ce qui comptait pour moi, c’était qu’aucune femme n’ait jamais le pouvoir de me faire souffrir.

— Et les filles ne t’en veulent pas ?

— Je ne prends aucun risque, je suis clair dès le début : pas de sentiments, pas d’attache. Pour moi, les femmes sont tout autant à la recherche du plaisir que les hommes. On veut tous profiter de l’instant, le vivre à fond et passer à autre chose.

— Du sexe et rien d’autre ! clama un de mes amis en trinquant dans ma pinte levée à bout de bras.

Je poursuivis sous l’oreille attentive de mon apprenti.

— Au fond, les filles qui croient au prince charmant savent bien qu’elles se mentent à elles-mêmes, et ce sont les premières à partir. Elles disent qu’elles sont amoureuses, mais dès qu’un autre gars leur fait de belles promesses, elles plaquent tout et ne regardent plus jamais en arrière. Je ne me ferai pas avoir, je connais la chanson.

Un de mes meilleurs amis, qui m’écoutait depuis le début, me regarda de travers. Lui comme moi savions de quoi je parlais. Je ne tenais pas à vivre ce qu’avait vécu mon père.

— Et tu crois que si je tente le coup ce soir, ça va marcher ?

— Écoute mon gars, t’es mignon mais va falloir gonfler un peu si tu veux séduire de la jolie minette. Je me suis mis au sport, elles adorent les muscles !

Ce que je n’avouais pas, c’était que la musculation m’apportait bien plus qu’un avantage physique auprès des filles. À la salle, je me sentais moi-même. Ma vie était plutôt cool, je faisais ce que je voulais, quand je voulais et comme je le voulais. Pourtant, je me sentais seul. Alors cette activité me permettait de quitter ma bande et de faire d‘autres connaissances.

Louise

Ce soir-là, à la bibliothèque, j’étais restée très tard à la recherche de ce personnage qui ferait que mon premier manuscrit serait à la hauteur de mes attentes. J’avais un trousseau de clés pour entrer et sortir comme bon me semble, c’était un des privilèges d’être la fille de la bibliothécaire. Lorsque j’avais enfin sorti le nez de mes livres et de mes notes, il faisait nuit depuis longtemps. Je n’avais pas l’habitude de rester si tard et j’appréhendais de devoir rentrer à pied si le dernier bus était déjà passé. Tout en remballant mes affaires, je regardai l’heure. Dix heures et demi ! Je vais rater la dernière navette… Je pressai le pas et, après avoir verrouillé la grande porte en bois du bâtiment, je me dépêchai de rejoindre l’arrêt de bus.

Lorsque je vis passer l’énorme véhicule devant le panneau et ne pas s’arrêter, je me mis à courir en lui faisant de grands signes. Malheureusement, à cette distance, il ne pouvait pas me voir et je le regardai partir au loin, essoufflée par ce court sprint. C’était le dernier bus pour aujourd’hui ! J’étais dépitée. Il ne me restait plus qu’à marcher jusqu’à chez moi et j’en avais pour un bon trois quarts d’heure. Quelle tête de linotte ! me sermonnai-je.

Quelques rues plus loin, des gouttes me tombèrent sur le nez. Voilà qu’il commence à pleuvoir. J’accélérai le pas. Je ne portais qu’un léger gilet gris à manches longues, boutonné jusqu’au cou. Mes collants opaques et ma jupe, épaisse et grise, me maintenaient au chaud. Le temps était humide. Mais je ne pensais pas à avoir à me balader dans les rues, les quartiers que je fréquentais étant bien desservis en bus.

En entendant un groupe parler de leurs voix fortes sur le trottoir devant moi, je relevai la tête. J’étais arrivée dans une des rues pleines de bars et de restaurants. Je ne mettais jamais les pieds ici, d’ailleurs, je n’avais rien à y faire, surtout à cette heure-ci. Je m’en voulais d’avoir été aussi distraite et d’avoir raté le bus d’aussi peu. Il était trop tard pour changer de trottoir, je décidai de marcher, tâchant de passer le plus inaperçu possible, ce dont j’avais l’habitude. Je devinais les regards se tourner vers moi. Je déteste ça ! Et les voix se calmer, avant de reprendre plus bel.

— Hey ma jolie, tu viens danser ?

Je ne répondis pas.

— Hey ma poule, je t’ai parlé ! Pourquoi tu me manques de respect ? Moi j’suis galant, j’t’invite à faire un tour avec moi et toi… Hey ! J’te parle poufiasse !

En l’entendant m’insulter, tout mon corps tressaillit et la peur s’insinua en moi. J’arrivai à sa hauteur et je devinai tous les regards tournés vers moi. Je gardai les yeux rivés sur le trottoir, me retenant de partir en courant. En arrivant à la hauteur de celui qui m’interpelait, une sueur froide dégoulina dans mon dos et ma nuque. J’étais terrorisée.

Soudain, il me prit par le bras et me retourna vers lui. Il saisit mon menton entre ses doigts puants qui s’enfoncèrent dans mes joues et la douleur se propagea dans mon bras qu’il serait bien trop fort. Ces amis riaient et semblaient s’amuser de la situation. Personne ne m’aidera ! Il commença à me parler, à me crier dessus, mais je n’entendais rien, j’étais effrayée. Je tentai de me dégager de son emprise mais ses amis m’emprisonnèrent les mains, m’empêchant ainsi de me débattre. J’étais effrayée et son haleine fétide me donnait la nausée. Il avait visiblement trop bu et puait la cigarette.

J’entendis au loin le son de la musique venir jusqu’à nous et une porte claquer, de nouvelles voix me parvinrent. Quelqu’un était sorti du bar. Les nouveaux venus semblèrent se rendre compte qu’il se passait quelque chose d’anormal car leurs voix s’éteignirent, ne laissant place qu’aux rires gras des hommes et des femmes autour de moi. Mon assaillant me plaqua contre le mur, ses amis me retenant toujours les bras. L’horrible individu fit glisser ses doigts sur moi.

— Lâchez-moi ! parvins-je à crier.

Ce qui ne fit qu’enthousiasmer encore plus le groupe et les rires des femmes s’intensifièrent. Comment peuvent-elles laisser faire sans réagir ? Tout à coup, je ressentis un coup violent dans la tête et tout s’assombri, les bruits autour de moi étaient confus, je n’arrivais pas à distinguer quoi que ce soit. J’avais tellement peur, j’avais tellement mal…

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